Mais qu’est donc l’intelligence économique ?

Pendant plusieurs années, il eu de nombreux débats autour de la définition de l’intelligence économique. Il était assez difficile de donner une définition unique à cette notion. Elle désignait tantôt un moyen de recueillir et/ou gérer l’information, tantôt un ensemble d’outils de communication. Il faut dire que la notion d’intéllengence économique était assez disparate. Il était assez difficile de donner une définition théorique qui corresponde car l’intelligence économique était aussi un ensemble de pratiques assez divers. Harold Wilensky fut l’un des premiers à donner une définition de l’intelligence économique. Sa définition date de 1967, elle définie l’intelligence économique comme : «… L'activité de production de connaissance servant les buts économiques et stratégiques d'une organisation, recueillie et produite dans un contexte légal et à partir de sources ouvertes… ». Cette définition a été ensuite reprise et retouchée par différents auteurs. Elle a donné lieu à des définitions beaucoup plus simples. Aujourd’hui les acteurs Français se sont mis d’accord pour définir l’intelligence économique comme « La maîtrise de l’information stratégique ». Il s’agit d’une définition simple mais très complète. Il est important de comprendre les termes « maîtrise » et « stratégique ». L’encyclopédie définie les mots maîtrise comme « l’excellence dans un art, dans une science ou une technique », et stratégie comme « l’art de combiner des opérations pour atteindre un objectif ». Pour décortiquer la définition française de l’intelligence économique, nous pouvons dire qu’il s’agit d’un art qui consiste de façon excellente à combiner des opérations et des choix afin d’atteindre des objectifs bien précis. L’intelligence économique est donc le moyen dont disposent les acteurs économiques pour gérer l’information et l’utiliser de façon stratégique pour le développement et la réussite de leurs activités.

Mais quels sont les objectifs de l’intelligence économique ?

Bien qu’on ait trouvé une définition simple et complète à l’intelligence économique, cette notion reste encore un peu « floue », notamment en ce qui concerne ses objectifs. Certains diront que l’intelligence économique vise trois objectifs, d’autres parleront de quatre objectifs. Le débat est encore actuel, mais tous les acteurs se mettent d’accord sur les trois objectifs suivants :

La veille ou la capacité à recueillir, gérer et exploiter l’information :

Il s’agit ici de recueillir des informations par différents moyens ou techniques. Mais il faut noter que le but de cet objectif n’est pas simplement de recueillir un tas d’informations de façon pêle-mêle pour les stocker dans une base de données et les consulter lorsque le besoin se fait sentir. Les spécialistes considèrent que la quantité d’information n’est pas l’objectif principal. L’intelligence économique vise plutôt une utilisation optimale de chaque information recueillie. Cela dans le but de mettre en place des connaissances mais aussi des outils qui permettront aux acteurs économiques d’entrer, et de participer à la compétition économique. Prenons pour exemple sur les nouvelles technologies, domaine en perpétuelle évolution. Les acteurs de ce secteur sont obligés de se tenir informés sur les nouveautés, mais ils doivent également se former régulièrement sur chaque nouvelle technologie afin de pouvoir les utiliser pour le développement de leur activité.

La protection du patrimoine, ou capacité à protéger son savoir-faire ou savoir défendre son image

On aborde ici l’aspect sécurité de l’intelligence économique. La protection du patrimoine est un élément extrêmement important. Dans le cadre de l’intelligence économique, cette protection passe par un ensemble de politiques à mettre en place. Il peut s’agir de la sensibilisation du personnel concernant les données d’une entreprise par exemple. Généralement des clauses de confidentialité sont glissées dans les contrats de travail. Mais ce n’est pas tout : la protection du patrimoine passe aussi par la sécurité du système d’information ou de l’Intranet d’une entreprise, par le dépôt d’un brevet pour la protection de certaines Å“uvres, mais aussi par la bonne rémunération des compétences au sein d’une entreprise. On pourrait trouver de nombreux exemples pour illustrer la protection du patrimoine. On note simplement qu’il s’agit d’un ensemble de pratiques mais aussi de techniques.

L’influence ou capacité à produire des effets sur son environnement :

Trouver des clients, faire valoir une marque ou simplement communiquer sur son activité, font partie de l’intelligence économique. Le but est de produire des effets sur son environnement. Une entreprise qui veut vendre ses produits est obligée de faire un peu de publicité pour se faire connaître. Cela passe par des techniques de communication ou par des lobbies. Le logo, les campagnes de publicités, ou encore la réputation sont des éléments communicants qui ont de l’influence sur les autres. Les acteurs économiques doivent les prendre en compte et les intégrer dans leur plan de développement. Cela est l’un des objectifs de l’intelligence économique.

D’autres acteurs rajoutent un quatrième objectif. Il s’agit de :

L’aide à la décision :

Il s’agit d’une méthode qui permet à l’entreprise d’analyser chaque information dont on dispose afin de mener une bonne politique de croissance. Ce quatrième objectif peut être intégré au premier objectif cité un peu plus haut. Il s’agit de prendre des décisions à partir d’une veille réalisée. Les décisions prises doivent anticiper les tendances mais aussi permettre un positionnement stratégique des acteurs économiques en limitant au maximum les risques. L’aide à la décision est donc une pratique très importante à intégrer à l’intelligence économique. Pour terminer cette première partie, nous pouvons dire que l’intelligence économique est une pratique indispensable pour tous les acteurs économiques. Elle est un élément de performance tant sur le plan micro que macroéconomique. Elle permet de maîtriser le risque informationnel, mais aussi de garantir une meilleure position économique aux acteurs.

Précisez la différence qu'il y a entre l’Intelligence Economique, la Veille (souvent appelée veille stratégique) et la veille technologique ?

Il y a des notions qu’il est important de distinguer afin de ne pas se mélanger et se tromper dans le cadre de l’intelligence économique. Il s’agit notamment de faire la différence entre intelligence économique, veille stratégique et veille économique. Nous n’allons pas revenir sur la définition de l’intelligence économique. Ce qui nous intéresse ici, c’est de montrer les différences entre les notions citées ci-dessus. Nous savons déjà ce qu’est l’intelligence économique, mais qu’est donc la veille technologique ?

La veille technologique est un ensemble de techniques qui permettent de collecter les informations, de les stocker et les analyser pour pouvoir les utiliser dans un but stratégique. Il s’agit d’une technique légale car elle permet d’accéder à des informations disponibles au grand public. Il ne s’agit en aucun cas d’espionnage. Les informations traitées dans le cadre d’une veille technologique peuvent être difficiles à trouver dans certains cas, mais elles restent de sources publiques. La veille technologique est donc l’ensemble des techniques qui permettent de recueillir des informations. Un exemple bien connu est la consultation du web invisible ou l’inscription à des flux RSS en ligne. Le flux RSS est un petit lecteur d’informations provenant de différents sites Internet qui peut être consulté depuis un ordinateur ou même un téléphone portable.

Mais qu’est donc la veille stratégique ?

La veille stratégique englobe la veille technologique, elle permet à partir de techniques, pratiques et recherches documentaires de regrouper un ensemble d’informations qui devront être traitées et servir pour les prises de décisions stratégiques dans une entreprise. Faire de la veille stratégique c’est se servir de nombreux outils, ainsi que de certaines méthodes comme la veille technologique dans le but d’évaluer le risque dans la prise de décision. L’objectif est de prendre des décisions en éliminant un maximum d’incertitudes. La veille stratégique peut se faire de façon active comme de façon passive. Il s’agit dans le premier cas d’aller chercher l’information dans un but bien précis. Dans le deuxième cas, on ne va pas spécialement à la recherche de l’information mais on met en place un dispositif qui permet de recueillir régulièrement l’information en continu.

Ou sont donc les différences entre les différentes notions ?

Il ne s’agit pas de différence au sens premier du terme. La veille technologique est un instrument de la veille stratégique, alors que la veille stratégique est elle même un instrument de l’intelligence économique. Ces trois notions sont étroitement liées. Il faut plutôt parler de hiérarchie entre les différentes notions : l’une englobe l’autre.



Quelles sont les étapes à réaliser pour mettre en place une action d'Intelligence économique dans une entreprise

ou un organisme (essayez de présenter ces étapes selon leur ordre de mise en œuvre) ?

Mettre en place une action d’intelligence économique n’est pas forcement très coûteux. Le coût va dépendre des objectifs que l’on se fixe. Nous allons faire un petit schéma pour présenter de façon synthétique les différentes étapes à réaliser pour la mise en place d’une action d’intelligence économique.

Le schéma ci-dessus résume parfaitement les différentes étapes de l’intelligence économique.

Etape 1 : Définition des besoins. Afin de ne pas aller dans tous les sens, il est important de bien définir les besoins. Il s’agit de définir les objectifs que l’on souhaite atteindre à travers cette action.

Etape 2 : L’identification des sources L’information est l’élément clé de l’intelligence économique. Il est important d’optimiser au maximum la veille afin de collecter le plus d’informations possible. Il est important d’identifier les sources mais aussi de les diversifier. Aucun aspect ne doit être négligé, les informations informelles devront également être prises en compte. On peut citer comme sources : les journaux, les rapports, les moteurs de recherche et autres.

Etape 3 : Collecte de données La collecte des données passe par l’utilisation de techniques et de méthodes qui permettent de recueillir l’information. On peut citer les enquêtes, la recherche sur le web, l’interrogation des bases de données, la connaissance des brevets, les flux RSS et bien d’autres.

Etape 4 : Le traitement des données Il s’agit de regrouper, classer, hiérarchiser et croiser les données afin de retirer celles qui correspondent au mieux aux objectifs.

Etape 5 : L’analyse Il s’agit d’analyser l’information afin de déterminer si son utilisation pourrait avoir un effet positif sur la stratégie de l’entreprise. Il s’agit simplement de déterminer les informations les plus significatives.

Etape 6 : Validation des données Il s’agit de faire valider les données significatives et rejeter celles qui ne correspondent pas aux besoins définis.

Etape 7 : Le rapport de l’action Une fois le traitement des données et l’analyse terminée, il est important de monter un rapport sur l’ensemble des actions menées afin de présenter les différents choix, et de montrer les raisons qui ont poussé à effectuer ces choix.

Etape 8 : La diffusion en interne Il s’agit d’une diffusion du rapport en interne, cette étape peut-être facultative suivant les cas. Lorsqu’il s’agit d’une grande entreprise, il est important de soumettre le rapport au conseil d’administration de l’entreprise, mais aussi aux salariés afin de les sensibiliser sur les actions qui devront être menées.

Etape 9 : La prise de décision La dernière étape est la prise de décision. Il s’agit d’agir en fonction des différentes actions menées en amont. Prenons pour exemple une veille qui conduit aux conclusions selon lesquelles les entreprises du secteur vont dans les jours à venir se lancer dans la commercialisation d’un nouveau type de téléphone portable. Nous sommes une entreprise de télécommunication et notre étude (collecte, traitement et analyse des données) a conclu que le marché de la téléphonie mobile est promoteur. Notre décision sera alors d’investir dans ce domaine afin d’en tirer profit.

Et pour finir, quels sont les conditions et les facteurs qui conditionnent très souvent la réussite de la mise en place de l’Intelligence Economique dans une entreprise ou un organisme ?

Il est important avant de se lancer dans une action d’intelligence économique de se fixer des objectifs. Pour atteindre ces objectifs, il est important de prendre en compte certaines conditions mais aussi certains facteurs. Parmi les conditions et les facteurs à prendre en compte on peut citer :

La volonté de la direction

Il est important que la direction de l’entreprise ou de l’organisation affiche sa volonté de mener l’action. Cela se traduit par la mise à disposition de moyens financiers et techniques.

La Sensibilisation du personnel

Le personnel doit-être impliqué dans le processus de l’intelligence économique. La protection du patrimoine dépend en grande partie du personnel. Il est important que le personnel soit formé et sensibilisé sur les différentes actions menées dans le cadre de l’intelligence économique.

La Sécurité du système d’information

La sécurité des données passe par un ensemble de techniques (Exemple : contrôle des accès à certains sites web sur un intranet connecté à Internet, …) mais aussi de bonnes pratiques (Exemple : changement des mots de passe régulièrement pour les accès Intranet). Il faudra également veiller à ce que les protections du système d’informations soient régulièrement actualisées (Firewall, antivirus et autres…).

Protéger le patrimoine et s’assurer de la confidentialité

On n’est jamais à l’abri d’une erreur. Il est important de prendre toutes les dispositions afin d’éviter la fuite de l’information. Pour cela, il faudra par exemple faire signer une clause de confidentialité aux stagiaires dans l’entreprise.

La gestion optimale du temps

Il est important de bien gérer le temps dans le cadre de l’intelligence économique, une action tardive peut avoir des conséquences désastreuses. Prenons pour exemple l’entreprise qui décide de se lancer dans la commercialisation d’un nouveau modèle de téléphone portable. Il est important d’être parmi les premiers ou même le premier sur le marché si on veut faire profit.

La mise en place d’une organisation

Il est important de mettre en place un comité qui sera chargé de conduire l’intelligence économique de l’entreprise. Cela permet d’optimiser au maximum les compétences.